J'aurais vraiment voulu m'enrouler dans la chaleur de ta voix et rester sous les couvertures de tes mains. Là, bien au chaud contre ton coeur. Tu le sais ca ? Et combien de temps, encore, faudra t- il que je me morde les lèvres; en fixant d 'un air morne ce mirage qui n'est plus; sans rien ressentir ? A creuser le vide de mes yeux fatigués ? Mais le vouloir, c'était te donner trop peu quand je t'avais tailladé la poitrine, quand j 'avais été l 'exquis poison de tes veines, la douloureuse abscence sur tes lèvres, une brûlure sur tout ton corps. Chéri, je t 'ai marqué au fer rouge de mon amour. Et moi, les paupieres crispées sur des larmes amères, mes ongles plantés dans mes paumes, trop serrés, qui battaient l 'air par saccade. Mon corps était un sanglot et en te faisant mes adieux, j 'ai cru recracher mon coeur. Et ma gorge était engluée par ce silence qui sera bientot plus que le nôtre. Et pourtant, ce n'etait pas assez ... J 'aurai voulu du verre pilé pour déchirer ce silence, avoir les yeux crucifiés et pleurer ce sang traître et des griffes pour lacéré cette infame enveloppe de chair et atteindre le coeur .... J 'aurais été un monstre mais je t'aurais aimé ... C 'était une toute petite bulle de toi et de moi rêvé par une bouche d enfant qui soufflait obstinément ... Nous étions des enfants ... Toi, pour avoir souffert de moi et moi pour avoir cru pouvoir te dire " je t aime " .... Et s' il avait suffit que je te le dise ? Et je te l 'ai dit, peut être maladroitement comme un coeur oisillon qui essaie de voler mais ne fait que papilloter ... Et je te l 'ai dit, peut être trop de fois pour m'en convaincre moi meme comme une prière ... Mais je n'ai jamais été bonne croyante ...
Je ne sais plus ce qu 'il faut croire ... S 'il faut regretter ou oublier ... Tu m 'aimais trop et moi pas assez ... Ou je ne t 'aimais pas comme il fallait ... Je crois que le décalage horaire, nous a laissé une heure pour te retrouver et t' écrire une dernière fois "je t aime " ... Je crois que c 'est le plus beau mensonge que je n'ai jamais proféré. Je te garde quelque part dans un bout de mon coeur ...
Caddy - 08 juillet 2008- au destinataire de "Kiss in the blue"