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 DUNE, de Frank Herbert

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MessageSujet: DUNE, de Frank Herbert   Lun 1 Juin - 0:48

Ce récit est pour moi un des meilleurs de science fiction. En effet, il combine une écriture intelligente et riche avec des références érudites, la psychologie, la spiritualité, et une énorme subtilité.
Il s'agit ici d'une uchronie (contraire d'utopie), c'est à dire une histoire qui présente une société sous des auspices peu optimistes, mais tellement riches. Ce n'est même pas de la science-fiction pour moi, ça dépasse ce concept.

Frank Herbert, né en 1920 dans l'état de Washington, était un écrivain mais pas seulement. C'était un érudit passionné. Il fut journaliste, psychanalyste Junguien, consultant en écologie (et passionné de géologie et d'agriculture alternative), directeur-photographe pour la télé, maître de conférences en études générales et interdisciplinaires à l'Université de Washington, philosophe...





La première édition date de 1965, composée des nouvelles Dune World et The Prophet of Dune parues respectivement de décembre 1963 à février 1964 et de janvier à mai 1965 dans le magazine américain Analog ainsi que de textes inédits. Le roman obtient le Prix Nebula en 1965 et le Prix Hugo en 1966. À noter que ce sont des prix parmi les plus prestigieux de la SF.

Dans environ 10 000 ans, DUNE est une planète désertique couverte de sable où la pluie n’est pas tombée depuis des millénaires. Les habitants, lointains descendants des musulmans, ont appris à survivre, mais subissent le joug tyrannique de la famille du Baron Harkonnen.
Une seule richesse ici : l’épice gériatrique qui retarde les effets du vieillissement et permet la prescience. Cette épice, si dangereuse à récolter dans le domaine des vers géants des sables, est indispensable aux navigateurs de la Guilde spatiale et aux Révérendes Mères de l'ordre tout puissant du Bene Gesserit.
À l’abri des regards indiscrets de la Guilde, quelques hommes tentent de modifier le cours de l’évolution climatique, tout en résistant à l'oppresseur.

C’est dans ce climat de tensions que débarquent le Duc Léto Atréides, sa concubine Dame Jessica et leur fils Paul, à qui l'Empereur a confié la gouvernance délicate de cette planète. La maison Atréides est justement l'ennemi juré de la maison Harkonnen.
Le combat pour la domination de Dune et de ses ressources en épice sera sans merci.

Comment le jeune Paul, élevé selon les rites secrets du Bene Gesserit, va-t-il prendre conscience de sa différence ?
Trouvera-t-il sa place auprès des Fremen, ces gens libres du désert, ces farouches combattants opprimés par le Baron Harkonnen ?
Est-il le Mahdi, l'Élu qu'ils attendent depuis des millénaires ?
Permettra-t-il de sauver ce qu’il leur reste d’humanité sans déclencher un terrible Jihad ?



En 1969, Herbert publie la suite, Le Messie de Dune, prépublié dans Galaxy Science Fiction de juillet à novembre 1969.
Après son accession au trône impérial, Paul Muad'Dib devient perverti par son pouvoir et sa qualité de prophète. Il déclenche alors le "Jihad", guerre contre tous les opposants au régime. Il termine aveugle et exilé dans le désert, dont il revient anonymement comme un prédicateur fou, alors que sa sœur Alia, parasitée par plusieurs personnalités en elle, assure la régence, en attendant la majorité des enfants de Paul.

1976 : prépublication dans Analog de janvier à avril, de la 3e partie du cycle qui sort aussitôt en roman : Les enfants de Dune.
Les jumeaux de Paul Muad'Dib ont grandi et toutes sortes de complots se trament sur leurs têtes, mais c'est compter sans leurs formidables ressources : Leto et Ghanima prendront le pouvoir de façon spectaculaire et Leto fusionnera avec un ver des sables pour devenir quasi-immortel : l'empereur-dieu.

L'Empereur-Dieu de Dune sort en 1981. La plupart des fans puristes le considèrent comme le plus abouti des volumes du cycle. C'est en effet une œuvre dépassant la SF de façon plus subtile : une analyse politique et psychologique, aux questionnements éthiques sur l'art de gouverner.
Leto II gouverne comme un tyran l'univers depuis des millénaires, mais le lecteur comprend que c'est pour le bien de l'humanité elle-même, car il voit les avenirs et sait que seul son "Sentier d'Or" peut sauver celle-ci. Mais des révolutionnaires, descendants des Fremen, menés par une jeune descendante des Atréides, résistent encore.

1984 : Les hérétiques de Dune se situe au moins 2000 ans après le règne de Leto, et l'ordre des Bene Gesserit se bat pour garder encore l'équilibre dans l'intégrité humaine, contre des menaces diverses. Là encore, la religion et le pouvoir sont au centre de cette histoire, qui donne la part belle aux femmes.

1985 : ChapterHouse : Dune, traduit en français par La Maison des Mères. Dernier volume écrit par Frank Herbert avant sa mort, restant ouvert à la fin, d'une façon étrange qui questionne tous les fans. À l'évidence, c'était la première partie d'une fin qui n'a jamais pu être écrite.
La planète Dune est détruite. Les femmes du Bene Gesserit et leurs ennemies les Honorées Matriarches s'affrontent puis finissent par s'allier à la fin contre un ennemi commun encore plus terrible. Un noyau de survivants part dans un vaisseau, sans but dans l'espace.

Le cycle devait donc comporter probablement au moins sept volumes au lieu de six, mais Herbert est mort avant d'avoir pu l'achever, en 1986, au lendemain du malheureux film de David Lynch qui était une commande le limitant dans sa réalisation. Certains ont découvert Dune par ce film et le placent forcément sur un piédestal, et auront à jamais la vision du héros Paul sous les traits de Kyle MCLachlan, avec son brushing et ses airs de fils à papa, et sur fond de musique de Toto. Pour moi ce fut une atteinte kitch au roman !
Et c'est un fan de Lynch qui vous parle.

Doublement hélas, le sort s'est acharné ensuite sur Dune en la personne du fils opportuniste, Brian Herbert, qui rêvait d'être écrivain mais sans en avoir le talent, qui a décidé de prolonger le cycle en s'adjoignant les services d'un écrivain au kilomètre sans subtilité, Kevin J. Anderson.
Il aurait soi-disant trouvé des "notes" de son père sur une éventuelle suite, notes que personne n'a jamais vues.
Et pour cause : ce fut d'abord une trilogie de préquelles (action se situant avant) décevante tant au niveau de l'écriture que du fond, privilégiant l'action, comme dans des films américains à gros sabots (blockbusters), puis une autre trilogie de préquelles de préquelles, encore plus catastrophique et bourrée d'incohérences par rapport au cycle, puis le fameux septième volume concluant le cycle (faisant revenir tous les premiers héros morts grâce au clonage, hum, puis introduisant un personnage créé par eux dans les préquelles, double-hum), puis un recueil de textes courts mélangés à un passage inédit de la plume de Frank Herbert.
Et maintenant ils s'attaquent à écrire des volumes s'insérant dans tous les espaces vides entre les volumes du cycle original, comme si ça ne suffisait pas (il faut dire que ça marche, alors pourquoi s'en priver).

L'œuvre de Frank Herbert se retrouve donc noyée sous le flot de cette logorrhée de seconde zone, et les jeunes lecteurs ne peuvent pas éviter de passer par les préquelles s'ils décident de tout lire dans l'ordre chronologique désormais présenté.
Il faut dire aussi que ce manque de profondeur convient probablement à la plupart des jeunes lecteurs actuels, reconnaissons-le.

Je suis révolté, comme la plupart des amateurs fidèles à la mémoire de l'érudit Frank Herbert. Parmi eux, ceux qui refusent mordicus ce saccage et même militent en ce sens sont surnommés des "talifans".

Les autres livres de Frank Herbert sont bons également, comme La Mort Blanche par exemple, mais Dune restera son chef d'œuvre.

En 1972, Arthur P. Jacobs, qui avait produit La Planète des Singes, achète les droits de Dune pour le porter à l'écran. Mais il disparaît l'année suivante.
En 1975, Alessandro Jodorowsky entreprend le projet délirant et ambitieux de faire un film inspiré de Dune, sans le respecter à la lettre, une version surréaliste. Casting : David Carradine, Charlotte Rampling, Salvador Dali (qui devait jouer l'empereur). Design : Moebius (qui a réalisé environ 3000 dessins à l'occasion) et Giger (qui n'était pas encore révélé par Alien). Musique Pink Floyd (2 albums prévus) et peut-être Magma.
Mais ce film plutôt français n'était pas assez "hollywoodien" pour les producteurs américains, et surtout trop cher, et le projet fut retiré à Jodo. Ce fut une des plus grandes déceptions de sa carrière.
Ce n'est que plus tard que Dino de Laurentis obtint les droits et imposa sa production à Lynch, la suite on la connaît.

Une mini-série (2 séries de 2 et 3 téléfilms) est sortie entre 2000 et 2003, signé John Harrison, avec Alec Newman, William Hurt et Susan Sarandon. Elle couvre les 3 premiers volumes du cycle, et malgré des décors moins convaincants, l'histoire y est mieux respectée. Elle était passée sur M6 et se trouve en DVD.

Brian Herbert et Kevin J. Anderson qui hélas font aujourd'hui la pluie et le beau temps sur cette œuvre et tout ce qui y touche, préparent en ce moment-même la production d'une nouvelle version filmée du début du cycle, une super production, à ce qu'il paraît.
Les talifans les attendent au tournant.

Sachez qu'il existe également une Encyclopédie de Dune, parue en 1983, donc avant la mort de Frank Herbert. Écrite par des auteurs et universitaires américains rassemblés par le Dr Willis E. McNelly ; elle développe en profondeur tout le "dunivers", tout en restant étonnamment cohérente avec le cycle. D'ailleurs Herbert avait donné sa bénédiction à ce projet en le préfaçant.
Mais comme ce livre (enfin ses royalties) échappe aux droits de Herbert Limited Partnership, Brian Herbert en rejette la validité !
Il se trouve qu'un groupe de résistants a entrepris la traduction en français de cet énorme pavé. Au bout de presque 5 ans, nous en voyons le bout et espérons (naïvement?) être publiés.
C'est sur ce forum qu'Aska m'a rencontré.

Site français sur Dune : http://dune-fr.com
Forum francophone des fans de Dune : http://forum.rakis.be/index.php
Le site et le forum seront bientôt rassemblés avec d'autres plateformes sous un grand portail francophone sur Dune, sur lequel nous travaillons.

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MessageSujet: Re: DUNE, de Frank Herbert   Lun 1 Juin - 18:49

En voilà une belle présentation ! Je voudrais la prolonger en posant quelques questions d'ordre plus général qui feront lien avec ce qui est habituellement traité sur ce forum.

Dune est un roman dont l'action se déploye dans une géographie et une chronologie très éloignées de notre monde, mais néanmoins rattachées très précisément à lui (selon la DE les événements de Dune rapportés au comput chrétien débutent en l'an 26291 après J-C). En cela Dune se distingue de l'espace-temps un peu flou de Star Wars...Frank Herbert s'est amusé à construire un monde à la fois très original et parcouru d'échos de notre civilisation (et de ses devancières).

Le caractère "futuriste" suffit-il réellement à faire la SF ? C'est une question qui mérite d'être posée. Après tout, la présence d'un chameau suffit-elle à qualifier un roman d'"exotique" ? Un roman d'aventure est-il nécessairement plein de héros et de lieux improbables ?

Les visions lunaires de Cyrano de Bergerac, les géants extra-terrestres de Voltaire, L'An 2440 de Mercier et bien d'autres oeuvres classiques qui se jouent de nos repères spatiaux et temporels échappent à l'étiquettage marketé de la "SF", non ? Simple affichage marketing ? ...



La tradition du conte philo(filo-)sophique n'est-elle pas aussi ancienne que l'écriture ? Des voyages de Gilgamesh à ceux de Gulliver, de Micromégas à la Planète des singes, la "littérature" avec un grand L regorge de récits émancipés des contraintes de temps et de lieu.
L'Utopie de More dans sa monstrueuse harmonie n'est-elle pas le reflet de La République totalitaire de Platon ou de ses multiples avatars humanistes (Bacon), millénaristes (Campanella), socialistes (Saint-Simon/Fourier), positivistes (Verne) ou dystopistes (H.G.Wells/Orwell/Bradbury) ?


D'une certaine manière, peu importe le temps et le lieu, la nature idéale ou détestable de ce qui est décrit. On nous dit parfois que la SF est fille de la science et de la société industrielle, elle s'adresserait à la raison et patati et patata ... Moi, je vois une science idolâtrée, fantasmée et réifiée au point d'en faire le théâtre de projections qui ne sont pas moins "fantaisistes" que la Fantasy ou moins "fabuleuses" que la fable. De même que la peur ne fait pas le Fantastique, ni l'éloignement temporel, ni l'éloignement géographique ne sauraient circonscrire, à mes yeux, un "GENRE" de la SF.
Atlantide, Gathaca, Metropolis, Pamaval et tous ces lieux sortis de la méta-géographie du rêve ont pour point commun d'offrir à l'esprit un miroir du monde suffisamment éloigné pour pouvoir s'y perdre, mais toujours assez proche pour en tirer quelques considérations sur notre présent et notre devenir.
La Science-Fiction tient peut-être dans ce décalage subtil entre le réel et son miroir. Mais comme le miroir de Lewis Carrol, il n'est pas tant question de s'y perdre que d'observer différemment la société présente et ses évidences. Voltaire aurait dit "vu de Sirius"...ou du "pays des Hurons"...ou pour reprendre Montesquieu "d'Ispahan"...
Cet effet de décalage est produit par un vocabulaire particulier, des néologismes, des situations improbables dans notre présent mais pas tout à fait impossibles. S'instaure ainsi entre le narrateur et son lecteur une convention, une connivence qui permet de dépasser les critères du rationnel ("suspension of disbelieve").

La question est de savoir si ce décalage relève de procédés rhétoriques et stylistiques qui suffisent à circonscrire un genre, c'est-à-dire à le différencier des autres... J'en suis de moins en moins convaincu. La peur ou le vampire ne fait pas le fantastique, de même que l'elfe et le nain ne sont pas constitutifs de toute fantasy ou l'énigme du polar...


.

Dune est un roman composé de 3 serials publiés dans un magazine américain au début des 60's. C'est aussi la première partie d'une trilogie composée d'un seul jet puis retravaillée et publiée entre 1965 et 1976. C'est enfin le premier opus d'un cycle romanesque étalé sur 22 ans (1963-1985) et 6 livres (plus un 7° inachevé et jamais publié).
Je consacrerai un autre texte au problème des séries, cycles, rétro-continuations et autres séquelles et dérivés qui nous parlent à la fois de l'économie du livre et de nos attentes, nous public.
Mais en soulignant la structure complexe de cette oeuvre, je veux avant tout mettre en lumière la difficulté inhérente à toute tentative de critique d'ensemble de ce matériel.
Faut-il critiquer le premier opus indifféremment de ses suites ou au contraire l'inscrire dans un "projet d'ensemble" qui le dépasse ?


Le premier opus du Cycle, Dune, semble assez classique : un soap opera intergalactique où un prince héroïque venge sa famille et s'empare du pouvoir qui lui revenait de naissance. Rien de très neuf, Shakespeare, Marlowe, Calderon de la Barca, Corneille et tout le théâtre classique (dont FH était passionné) ont écrit la même chose. Mais voilà que dans l'opus 2, le héros, quasi-déifié auparavant, chute de son piédestal et prend conscience de l'inanité du pouvoir, puis, opus 3, finit par l'abandonner à un héritier qui comprend qu'il ne peut le conserver qu'au sacrifice de sa propre humanité. Métamorphose monstrueuse dont l'opus 4 retrace avec profondeur la philosophie terrifiante et la vanité. Vanité d'une domination qui s'achève dans le chaos et le retour à l'incertitude et à la violence constitutives des sociétés humaines (opus 5 & 6).

Dune, en 1, en 3 ou en 6 volumes, n'est donc ni un soap opera à épée laser (l'esthétique steampunk du roman et du film est anti-futuriste), ni une sorte de bildungsroman(roman d'apprentissage) galactique, ni même une variation sur les schémas narratifs du héros campbellien (du nom d'un anthropologue ayant fait un vaste comparatif entre les mythologies anciennes et les littératures modernes).

Derrière le théâtre de marionnettes des personnages, des factions et des petits intérêts mis en avant, Dune offre une formidable enceinte à des réflexions incroyablement variées sur les sociétés humaines, leur devenir, les équilibres culturels qui les parcourent, les rapports à l'environnement naturel, les interactions subtiles qui définissent les moeurs et les représentations d'un collectif, la pérennité des systèmes sociaux et des conventions politiques...À tel point qu'on se demande parfois si le véritable héros de ce roman n'est pas plutôt la planète elle-même et les innombrables correspondances et subtiles causalités que tisse le narrateur.
Stylistiquement, un verbe coloré, riche de néologismes et de réemplois "exotiques", un réseau dense d'annexes (rapports,carte,glossaire) et d'épitextes qui emprisonnent le lecteur dans une étrange fascination pour l'ailleurs...Mais rien d'outré et de forcé. Un monde ("planet opera" a-t-on dit) construit touche par touche, une impression après l'autre, avec le souci de mêler la réflexion au plaisir de l'évasion, la profondeur avec l'action.


Dune, roman(s) de SF ? Oui et de la meilleure SPECULATIVE FICTION qui se puisse imaginer...


.

PS: il y aurait beaucoup à dire encore sur la question du "genre", le rôle de l'économie éditoriale, la question des séquelles, le problème de l'intertextualité et des dérivés inter-médiaux et surtout l'immense continent du "lectorat" : comment lit-on ? est-ce dans le dialogue entre une oeuvre et son auditoire que peut se définir un "genre" ?
Cette phénoménologie des "communautés interprétatives" relève-t-elle de la mauvaise copie, du pastiche, du fétiche ? L'unique dans l'art s'oppose-t-il à la culture de "masse" ? La postmodernité définie négativement depuis 70 ans (et oui...) peut-elle saisir les mutations sociétales et culturelles à l'oeuvre dans les cybercultures ? Le "fandom" ne retrouve-t-il pas les modes opératoires des "legendarium" des sociétés oralisantes ? N'est-ce pas là le coeur d'une réappropriation collective du" mythe" après la parenthèse bourgeoise du primat de l'"auctorialité démiurgique" ? blablablaba...

EDITION : Boulet Je m'étais juré de ne pas retomber dans mes outrances...mais un post-scriptum peut cacher beaucoup de vices..What a Face


Dernière édition par aska le Lun 1 Juin - 19:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: DUNE, de Frank Herbert   Lun 1 Juin - 20:24

Aska, merci pour ces réflexions, peut-être hermétiques pour la plupart, mais condensant une démarche de réflexion intéressante sur la science-fiction en général et Dune en particulier.
Je crois effectivement que les limites déterminant le genre ne sont pas précises et que les références que tu cites peuvent être considérées comme précurseurs du genre, de la même manière qu'Edgar Poe et Conan Doyle ensuite furent les précurseurs du polar d'investigation, eux-mêmes précédés d'œuvres dont l'ancienneté les exclut des références.

Nota : j'ai rassemblé tes quatre posts en un seul, car il est d'usage ici d'éviter de poster plusieurs fois à la suite (c'est ainsi que naît insidieusement le flood), et d'utiliser plutôt la fonction "éditer", surtout si le tout est rapproché en temps et n'a donc pas besoin d'être remonté en tête de liste des posts récents.

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MessageSujet: Re: DUNE, de Frank Herbert   Mar 2 Juin - 0:24

Deux livres marquants dans mon adolescence : "Le Seigneur des Anneaux" et "Dune". L'un comme l'autre m'ont très durablement marquée.
J'ai lu tout Herbert (et je peux dire que certains de ses romans m'ont paru assez obscurs) mais je reste éblouie par son cycle de "Dune".
Les soit-disant "suites" ? J'en ai lu trois, et cela m'a paru si éloigné du génie de Herbert, si dépourvu d'intérêt, que j'ai laissé tomber. Je ne milite pas spécialement contre, c'est juste totalement inintéressant.
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MessageSujet: Re: DUNE, de Frank Herbert   Mar 2 Juin - 1:30

Le rapprochement que tu fais Constance mériterait d'infinis commentaires tant il est riche de considérations.

Les journalistes se plaisent à souligner le succès populaire de ces 2 oeuvres, les éditeurs rappelant pour leur part le caractère "fondateur" de ces oeuvres (Dune inaugure l'entrée de la SF dans le roman, LOTR ré-invente la Fantasy pour adultes).

Moi je note avec d'autres, que ces deux monuments tissent des mondes cohérents et d'une richesse quasi-inédits dans ce secteur de la littérature. Ce n'est pas pour rien qu'on les met en exergue de toute étude se proposant de dévoiler les mécanismes du "conworlding", la création d'un monde autonome...

Mais ce qu'ignorent les workshops américains, c'est qu'il ne suffit pas de poser des plans pour bâtir un imaginaire. Encore faut-il qu'un public s'en saisisse et se l'approprie au point que l'oeuvre d'un seul devienne la matrice d'une "culture partagée".

Livre-univers ou monde secondaire, peut importe l'étiquette ou le genre. Le papillon de l'imaginaire collectif ne se réduit pas à l'irisation de ses ailes ou au latin de son étiquette. Il lui faut voler avant.

Et, je suis de plus en plus frappé par les similitudes nombreuses qui dans l'un comme l'autre cas participent du succès phénoménal de ces oeuvres. Qu'on y pense bien. Peu d'oeuvres ont autant suscité de variations, de plagiats et de réemplois. Peu d'oeuvres ont autant affolé la fibre illustratrice des dessinateurs, la palette graphique des gamers ou les bobines des metteurs en scène. Une telle profusion d'avatars, d'apocryphes et de commentaires, des plus graves universitaires aux plus candides adolescents...Tout cela mérite d'être pensé. Qu'est-ce que cela dit de ces auteurs ? Et qu'est-ce que cela dit de nous ? de notre rapport individuel et collectif à l'art ?

J'en termine pour l'instant avec un parallèle qui pourra sembler baroque : les Mille-et-Une Nuits, Carl Jung, James Joyce, Borges, Lovecraft, Shakespeare, Blake, Asimov, Herbert, Kafka, Sprague de Camp, Vance ...

J'en dirai plus après ...
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MessageSujet: Re: DUNE, de Frank Herbert   Mer 3 Juin - 17:42

Citation :
Qu'est-ce que cela dit de ces auteurs ? Et qu'est-ce que cela dit de nous ? de notre rapport individuel et collectif à l'art ?
Pour faire dans le concis, le primaire et le non-exhaustif (désolée, je fais toujours dans le concis et le primaire) j'opinerais pour ma part à dire que ces auteurs possèdent une grande part d'universalité. En plongeant dans l'inconscient collectif, ils y pêchent l'essence-même de nos interrogations métaphysiques, philosophiques et tout un tas d'autres iques. Dans leur discours, nous nous reconnaissons avec ce sentiment que quelqu'un vient de dire mieux que nous ne l'aurions jamais fait ce qui marmitait au fond de notre esprit.
Quant au rapport individuel et collectif à l'art, c'est un débat en soi qui mériterait son propre fil, je crois...
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